Ma vie en un jour

J’ai l’impression de vivre dans le film Le jour de la marmotte…  Je suis coincée dans une boîte temporelle qui se répète à chaque jour.  On avait réécouté le film, Romeo et moi, l’an dernier, sur le canapé à Amsterdam.  Un théoricien Libanais était de passage au Rijskakademie et avait suggéré ce film - question de réfléchir sur l’espace-temps.  Romeo, en grand artiste cultivé et reclus, n’avait pas vu la pièce Bill Murayienne.  À moi, donc, de parfaire sa culture populaire.  J’avais vu le film au ciné, avec des amis du secondaire.  À l’époque, il était de bon ton de payer une entrée, mais de se faufiler de salle en salle pour en voir d’autres.  On vivait comme on pouvait j’imagine.

Bref, je vis dans le Jour de la Marmotte… jusqu’à mardi du moins.  Je pars dans moins de 2 jours à Dakar.  Je n’y comprends rien.  Je suis toujours dans mon bureau, avec un travail à terminer qui me pend au bout du nez.  Et puis des examens, des travaux longs à écrire…  Enfin, j’imagine que je ferai tout d’ici le 20 mai.

Mais j’aurai ma brèche dans le temps, mon escapade en dehors de mon jour de la marmotte.  Mon frère Martin m’a dit une grande parole aujourd’hui: quand on a trop de travail, on vit dans l’instant présent.  Voilà, je suis forcée de vivre l’ici maintenant sinon je vais me mettre à paniquer (comme je l’ai fait la session dernière).  Trop de travail, c’est trop compliqué, trop difficile.

Et puis soudain on se dit: tout cela n’est rien.  Tout cela n’est que du vent.

Voilà mon guide de survie, alors que ma première à Harvard s’achève.  Me détacher de Harvard.  Parce que ces idées de grande université ne m’ont pas aidée à traverser les doutes profonds qui m’ont rendu la vie difficile.  Au contraire, moins je pense que c’est important Harvard, mieux je me sens.  Quel grand bien ça me fait, à tout dire!  Quelle libération!  Et puis je peux me concentrer sur mon travail.  Quand j’angoisse, maintenant, je me dis que rien de tout cela n’est important.  Que je peux flotter au dessus de tout cela.  Je ne pense pas à une carrière, aux bourses à demander l’an prochain, à mon dossier, à ceci, à cela.  Je me dis que je dois vivre ma vie avec grâce.  Et suivre mon destin.  Ne pas me limiter avec des plans.  On verra bien où la vie me mènera.

Je manque de sommeil, les dernières semaines ont été difficiles.  Les nuits de plus de 6 heures n’existent plus.  Quatre doit bien être la moyenne.  Je dormirais bien une semaine, sans me réveiller.  Voilà pourquoi tout devient si intense: c’est un état de survie.  Et en état de survie, ce qui nous sauve, c’est de se détacher de ce qui vient, et même de ce qui arrive.  Ne reste plus que soi, et sa tête pleine d’images, de pensées.

Et les étudiants en droit qui ont transformé ma patinoire que je voyais depuis ma chambre en… terrain de volleyball de plage.  Adieu poésie de glace, bonjour musique gossante et hot-dog pendant que j’étudie dans ma chambre.  Quelqu’un a même planté une tente, que j’ai découverte en me levant tôt un dimanche matin.  La photo est prise depuis la cuisine alors que je me préparais un café.  Suis-je vraiment réveillée?

Tente

Je regrette maintenant de ne pas avoir documenté la pousse miraculeuse du gazon.  Il y a deux semaines, tout n’était sur le campus que terres brunes déséchées.  Puis, un matin très tôt, ils ont tout recouvert d’une substance blue poudreuse.  Harvard Yard était bleu!  Et aujourd’hui… L’herbe a poussé partout, dense, verte fluo.   Je n’irai plus jamais m’asseoir sous un arbre devant la Law School pour lire les chaudes journées d’automne.  F-i-i-n-i-i.

La Malva

Dak’art

Ouf! j’ai négligé mon blogue. Toutes mes excuses!

C’est maintenant confirmé: je pars pour Dakar dans quelques semaines! La fondation Rockefeller a donné des gros, gros, gros bidous au département d’histoire de l’art de Harvard destinés aux voyages d’étude alors tous les profs démontrent des trésors d’inventivité. Comme je fais un séminaire portant sur l’art contemporain african, eh bien pourquoi ne pas aller à Dakar, Sénégal, puisqu’il y a une biennale d’art contemporain au mois de mai????

J’ai été sélectionnée - j’ai mis tout mon coeur dans le petit texte expliquant mes motivations pour participer au voyage. Héhé! J’aime bien la prof: elle est super dynamique, c’est une des grandes spécialistes d’art africain aux EU, et elle est vraiment sympa. Bref, du 6 au 14 mai j’y serai, le tout payé par Rockefeller, y compris l’hôtel class, les repas, l’avion, les vaccins, les déplacements… C’est juste avant la remise des travaux, alors ça me complique un peu la vie pour la fin de session. Mais hé! qui s’en rappellera dans 10 ans! Tandis que Dakar! Wow! Je suis allée en Algérie quand je faisais ma maîtrise, mais sinon je ne connais pas grand chose de l’Afrique.

Finalement, ce n’est pas vraiment différent de n’importe quelle bonne université ici - c’est seulement que tout le monde connaît le “big H” (quelqu’un m’a refilé cette expression pour parler de Harvard comme on parlerait de Voldemor: simplement dire le nom provoque une telle réaction que parfois c’est mieux d’éviter). Mais my god qu’ils ont de l’argent! Et aussi j’ai le sentiment que ce que je fais est respecté - c’est parfois difficile de justifier l’histoire de l’art ailleurs comme discipline dans laquelle il est intéressant d’investir. Pas que ça n’aie (ça s’épelle bien comme ça? j’espère ne pas trop perdre mon français!!) jamais changé quoique ce soit dans mes choix, mais ça fait du bien d’avoir des gens qui sont curieux de connaître le résultat de mes recherches sur la décapitation à la fin du 18e siècle dans la culture visuelle et ses ramifications dans l’art germanique de l’après-guerre! (Bon, je vous promets que mon sujet de thèse sera quand même moins violent!)

J’ai eu de la belle visite de mon chéri après mon anniversaire. On a passé nos journées à la bibliothèque, mais c’était romantique! J’en ai profité pour terminer le foulard de laine (celui que j’avais malencontreusement passé dans la balayeuse) afin qu’il puisse l’apporter avec lui à Amsterdam pour ses ballades en vélo. Je l’ai photographié, foulard au cou, alors que nous mangions des gâteaux dans un café minus de l’aéroport de Boston avant que ne parte son avion… Nous somme devenus des pros des aurevoirs, et je connais le chemin entre l’aéroport et harvard par coeur maintenant! Notez aussi le foulard de Romeo junior, mon fidèle compagnon, par procuration, qui a pris la relève de ma vie affective après que Romeo eût passé les grilles de la sécurité.

rom

Le chanceux, il a passé les deux dernières semaines à Rome dans une villa du parc Borghese, à titre d’envoyé du Rijksakademie avec 3 autres collègues. Ils ont fait des visites et parfait leur culture. Rien de trop beau pour la classe ouvrière, et puis tout ça sur le bras de la reine Beatrix!

En prenant une marche cette semaine sur le bord de l’eau, j’ai attrapé cette scène typique. How “american college” is that!

canoe

En ce qui concerne les résidences, eh bien je me suis fait volé tous mes fruits congelés. Il devait bien y en avoir pour 15$. Ce n’est pas si grave, seulement la deuxième fois, la voleuse a vidé le sac en laissant quelques bleuets au fond et l’a remis au congélo. Eurk! Et c’est encore plus insultant, il me semble! Beaucoup de nourriture a disparu des congélos en fait cette semaine. Mais que faire? Nous soupçonnons une souris super entraînée capable d’ouvrir les congélos et qui rafole des sucreries (la crème glacée a tendance à disparaître aussi…) Et j’ai trouvé un motton de cheveux dans l’évier de la cuisine?!?! Ça doit être la sorcière, encore.

Il y avait un article dans le New York Times en fin de semaine sur les protestations durant les JO concernant le Darfour et le Tibet qui sont promues par un groupe que représente Mia Farrow. C’était très intéressant. Leur approche est songée et assez nuancée: ils ne semblent pas demander le boycott maintenant, mais plutôt la contestation, l’affirmation, la protestation. Et puis ce qui s’est passé dernièrement au Tibet me brise le coeur. J’ai une amie qui est bouddhiste pratiquante et c’est difficile d’imaginer plus grande pacifique. Wow, le génocide culturel au Tibet est vraiment inacceptable. Bon, avec tout ça, c’est délicat d’afficher sa contestation quand 90% de mes voisines sont Chinoises. Je ne sais pas quel est leur opinion en général sur cette question. Je vais essayer d’en savoir plus. Sinon, en dehors de mes journées de travail, je vais marcher dehors, je fais du yoga, je mange, et je potine avec mes copines. Nous essayons de former des couples. Mais honnêtement, la plupart des gars autour de moi sont gays alors c’est plus compliqué pour les copines célibataires. Mais c’est génial pour moi puisque j’ai déjà mon chéri et que j’ai plein d’amis qui ont du goût.

À bientôt!

Je sais, je sais, je vais essayer d’écrire plus souvent grand-maman!!

LaMalva

La malade, le gosse de riche et le quêteux

Suite des gougounes oranges…

J’ai croisé la responsable de mon plancher aux résidences ce soir, et elle me dit alors d’utiliser les toilettes d’un autre étage de notre édifice parce que les nôtres sont souillées de vomissures et de sang…  Alors je lui ai mentionné mon dilemme de la semaine dernière.  C’est en train de devenir sérieux.  1: eurk!  2: ouf, quelqu’un a vraiment besoin d’aide.

Je ne veux pas faire de la psycho à 5 sous, mais il me semble que de vomir visiblement dans les 4 cabinets de toilettes dans la même journée est une façon de crier très fort à l’aide, de mettre en scène sa détresse aux yeux de tout l’étage.    

Ce matin, comme il pleuvait des cordes, plutôt que d’aller à la bibliothèque des Beaux-Arts, je suis allée à celle de la faculté de Droit qui est juste en face de mon dortoir - eh oui, celle-là même où sont passés plein de présidents.  Les chaises sont incroyablement confortables.  Le soutien dorsal est flexible et ferme à la fois, toutes les parties peuvent pivoter, s’incliner selon les mouvements du corps.  Wow!  Ce soir, j’ai soupé dans un petit café en avançant mes lectures pour un cours d’art japonais.  Il s’est avéré que le coin que j’ai choisi est aussi celui des semi-itinérants qui trainent dans Harvard Square - qui s’est d’ailleurs vidé de ses sympa lieux de rassemblement pour être envahi par les banques!  J’ai bu mon thé, mangé mon bol de riz et mon brownie tranquille, en surlignant frénétiquement mes feuilles, mon i-pod vissé sur les oreilles.  L’un des convives assis près de moi m’a demandé ce que je lisais lorsqu’en se relevant il a poussé involontairement ma chaise.  C’est toujours un peu inconfortable ce genre de situation, surtout pour une fille toute seule.  Mais finalement pas tant que ça.  Je lui ai répondu que je lisais sur l’art japonais.  Il m’a demandé alors plein d’étonnement: tu comprends le japonais?  J’ai souri, je l’ai trouvé sympa.  Je lui ai dit que non en riant.  Et il s’est dirigé en titubant vers les toilettes.  

Voilà ma journée, entre la prestigieuse (prétentieuse?) faculté de droit, remplie - entre autres - de gosses de riches qui ne connaîtront probablement jamais qu’un monde sans misère matérielle, et le café du coin où viennent socialiser les quêteux du square.  J’espère n’instrumentaliser ni l’un, ni l’autre, mais je suis heureuse de vivre entourée des deux, de ne pas trop m’enfermer dans un monde bourgeois, parce que ce serait ridicule de me priver du plaisir d’échanger quelques mots avec quelqu’un qui me fait l’honneur de s’intéresser à moi et de me procurer un sourire de surcroît.  

D’ailleurs le Mr Ménage de mon étage (celui qui m’a servi de thérapeute la session dernière, vous vous rappelez?), depuis qu’il sait que c’est moi qui s’occupe d’aller chercher le New York Times, le dépose devant ma porte chaque matin, comme ça je n’ai pas à sortir dehors en pantouffles.   Que dites-vous de cela?

La misère n’est pas toujours où on l’attend.  Entre les étudiants troublés, malades, sur-caféinés (ou sur quelle autre substance encore?), le sympa quêteux du coin et le merveilleux Mr Ménage de mon immeuble, je ne sais pas trop quelle est la leçon, mais j’essaie de garder mes deux pieds sur le plancher des vaches.  

Ciao!

LaMalva

Des gougounes qui me regardent

Il était 1h20 du matin, après une longue journée de travail, j’étais à faire mon pipi du soir avant d’aller prendre ma douche.  C’est d’abord l’odeur qui m’a intriguée, puis les sons.  La personne dans le cabinet de toilette à côté de moi vomissait, assez discrètement cependant.  J’ai penché la tête, j’ai vu ses gougounes sous le mur: des gougounes oranges de Mickey Mouse. 

Je vis sur un plancher de filles dans le début vingtaine, toutes perfectionnistes, toutes vivant beaucoup de pression et de stress.  Voilà un beau terreau pour les troubles anxieux et de l’alimentation.  Qu’en est-il de la fille aux gougounes oranges?

Je n’ai pas attendu qu’elle sorte des toilettes pour voir de qui il s’agissait - je connais tout le monde sur mon étage, bien entendu.  Et il était 1h20 du matin et j’avais hâte de me coucher.  Je suis plutôt aller prendre ma douche pour réfléchir à tout cela, parce qu’à vrai dire, je n’étais pas certaine de ce que je devais faire.  Est-il vrai qu’il y a certaines choses qui ne nous regardent pas?  

Puis j’ai repensé à une entrevue que j’ai entendue hier à la radio de Radio-Can avec un jeune homme qui racontait les années de torture physique et morale innommable, constante, que lui a fait subir son père-bourreau.  Le garçon, qui avait mon âge, a répondu, à l’animatrice qui lui demandait si de telles situations étaient toujours possibles aujourd’hui, que ce serait que de jouer à l’autruche que de penser que non.  Que ce qui assure que de telles situations perdurent même aujourd’hui, c’est aussi notre habitude de se dire que “ça ne nous regarde pas”.  

Je repensais à cela et je me disais que ces gougounes me regardaient…   Que si quelqu’un sur mon étage souffre ça me regarde.  Maintenant, c’est une chose d’être regardée, c’en est une autre de savoir quelle action prendre.  Pour l’instant, je vais porter attention aux pieds de mes voisines, jusqu’à revoir ces gougounes oranges.  Et probablement profiter d’un moment calme où l’on se croisera pour lui demander comment elle va, comment va sa santé.  Dois-je lui parler de ce que j’ai entendu, de mon inquiétude pour sa santé?  Comment considérer que ça me regarde, sans briser l’intimité de quelqu’un.  En y pensant, pour l’instant, j’ai l’impression que lorsque la santé - physique et mentale - de quelqu’un est concernée, c’est correct de transgresser un peu la vie privée de quelqu’un.  Parce que ça nous regarde, j’imagine.  

 La Malva

Un petit bout de parapluie

J’ai pratiquement terminé la mission “110 livres”.  Je viens de réaliser que c’est pratiquement mon poids… en livres.  Haha!  Quelle métaphore!  J’avais mon poids en livres dans ma bibliothèque.  (bon ok, je pèse quand même quelques livres de plus… ;) )   Tranquillement, chaque jour, je suis soulagée de quelques uns, jusqu’à pouvoir épousseter les tablettes.  Ça me rappelle une expo présentée ici il y a quelques mois, de Felix Gonzales-Torres.  Certaines de ses meilleures oeuvres sont des tas de bonbons.  La consigne est donc de placer dans le musée un gros tas de bonbons emballés dans des papiers brillants bleus, par exemple.  Et ce tas doit avoir disons 62 kg., soit un poids moyen pour un être humain.  Et nous pouvons ramasser l’un des bonbons du tas, le garder dans notre poche, le donner à quelqu’un, ou bien le manger.  Il y a quelque chose de très prenant, je trouve, dans ces tas de bonbons brillants, durs et sucrés, qui pèsent autant qu’un humain, comme autant de fragments évanescents de soi.  C’est ce qu’étaient les livres dans ma bibliothèque, je crois. 

Que de soucis je me fais avec les cours… Je pense chaque matin en me levant à un des quatre travaux que j’ai remis et dont je n’ai pas encore reçu la note encore.  J’ai presque honte de ce travail!  Et je n’arrive pas à me l’enlever de la tête.  Je vous jure que j’essaie.  Je fais de la méditation, du yoga…  Au moins j’ai arrêté de perdre du poids à cause du stress, j’ai même repris les kilos perdus à l’automne grâce à des merveilleuses céréales super santé en forme… de coeurs!  Mioum!  Ce qui est le plus bizarre avec mes cours de la session dernière, c’est que celui qui n’était pas du tout dans mon champ de spécialisation (art ottoman) a finalement constitué la meilleure expérience!  J’ai eu beaucoup de plaisir à faire le travail final, et je suis en amour avec la prof!  Elle est d’une telle grâce, et de surcroît elle est une sommité mondiale!  C’est rare que je rencontre quelqu’un dont j’admire à la fois le travail intellectuel ET la personnalité.  Bref, je l’ai croisé récemment et elle a adoré mon travail, l’a dit à ma directrice de recherche, et m’a donné plein de commentaires constructifs.  C’est probablement la pression en moins qui m’a aidé dans ce cours… Mais call me crazy (encore!), je n’arrive tout de même pas à m’enlever la honte de l’autre travail de la tête.  Je pense que je souffre du syndrôme de l’imposteur - BIG time!  

 J’ai une semaine de fou devant moi, et tout réside dans l’art de ne pas le devenir soi-même. C’est toujours la “shopping week” qui bat son plein.  Je dois faire ma sélection de cours d’ici mercredi.  Et j’ai déjà une présentation à faire jeudi qui vient sur un LIVRE de Freud!  Ah, pourquoi ma main s’est levée en classe pour me porter candidate pour cette présentation devant un super prof allemand d’art contemporain???  Il a juste donné le titre du texte à commenter, je croyais que c’était un article. Il s’est finalement avéré qu’il s’agit d’un livre de 236 pages!  De Freud!  Ça m’apprendra! 

Demain, je vais assister à un cours d’estampes japonaises, et d’art contemporain africain, avant d’aller à mon cours de yoga indien puis de participer au souper du Nouvel An chinois sur mon étage.  Ah oui, et je dois demander de l’aide demain matin à un prof pour trouver un cours d’Allemand à Amsterdam (où l’on parle néerlandais, mais où mon chéri habite!).  Mélangée la fille!

La tempête de neige du Québec était à Boston déferlante de pluie… Transformant le corridor de mon étage aux résidences en champ de parapluies!

parapluies

 

Bonne semaine à tous…

 LaMalva

Le fond du tricot

Il neige à gros flocons dehors… Quel soulagement! Adieu bouette et tas de feuilles défraîchies.

Les derniers jours de la session ont été terribles… ouf, je n’ai pas trop envie de revivre ça. À mon premier jour après la remise de mon dernier travail, j’ai pris un thé avec trois de mes collègues. Nous étions tous dans un état physique et mental lamentable. Après avoir passé une heure à réaliser que nous étions tous dans le même état de décomposition, nous nous sommes dits: “Never more!”
Traduction: ok, c’était trop éprouvant, il faut que la prochaine session se déroule autrement.

Alors une partie du plan: de mon côté, je vais travailler selon un horaire plus strict, toujours le même à chaque jour. Et pour se motiver entre nous, on va organiser des rencontres pour tester nos idées, pratiquer nos présentations orales, échanger nos essais, etc. Je vais essayer de réserver à cette fin un local génial au Musée qu’il paraît que l’on peut obtenir en échange d’un sourire. Hi!

Je vais tous les jours patiner sur ma patinoire! Ça fait vraiment du bien. Tiens, il neige à plein ciel maintenant! Oups! le préposé sort la neige à grosses pelletées de la patinoire… je crois que je vais devoir attendre encore un peu!

Côté résidences, je me suis portée volontaire pour aller chercher le NewYorkTimes en bas (dehors, très loin de la porte!) tous les matins - on a reçu l’abonnement en cadeau avec les nouveaux budgets… Mais qu’est-ce qui m’est passé par la tête! Disons que c’est ma BA pour mon étage. D’ailleurs, la cuisine est devenue un champ de bataille: il y a des morceaux de poulet cru sur le comptoir depuis hier, des plats sales, un liquide jaune non-identifié dans le mini-four… beurk, c’est vraiment dégueu. J’ai écrit mon premier courriel de plainte. La responsable est venue faire un tour pour voir et la madame était vraiment pas contente. Elle a envoyé un avis pour demander aux personnes responsables d’aller immédiatement nettoyer leurs dégâts.

livres

Ma mission pour les 10 prochains jours est de ramener 110 livres à la bibliothèque… C’est ce que j’ai emprunté au cours du semestre. Ce sont pour la plupart des livres illustrés, donc énormes et lourds. Je n’arrive pas à en prendre plus de 5 à la fois - j’ai un peu mal au dos à force de rester sur ma chaises des nuits entières. (Hé, ça devrait moins arriver avec mon nouveau plan d’action.) Donc 2 fois par jour, 5 livres à la fois, ça fait 10 par jour. Je devrais y arriver!

En psycho, ils disaient que pour qu’un addict mette fin à sa dépendance, il ou elle devait toucher le fond. Pour moi, le fond, c’est quand, en nettoyant ma chambre entre deux séances d’étude, j’ai passé sans faire exprès mon tricot dans la balayeuse! Ah… quand j’ai vu le fil de laine sortir de la machine, je me suis dit: bon, il faut faire quelque chose! J’espère me guérir des fins de session affreuses, de la fatigue continuelle et du sentiment de ne pas être à la hauteur. Je vais mettre un peu de poudre d’insouciance sur toute mes journées. Et vive l’organisation et la discipline - c’est un très bon remède contre le stress!

À bientôt!

La Malva (version 2.0)

Les sceptiques seront confondus!

Vous n’y croyiez plus?

Alors je reprends l’écriture de mon blog, après une pause provoquée par les présentations de novembre et décembre, un voyage de recherche à Paris (et de restos avec Romeo!), Noël, et puis le retour à Boston.

La session ici ne se termine que le 23 janvier, je suis donc présentement en période d’examen. J’ai remis un travail hier soir, il m’en reste trois à terminer. Je suis un peu fatiguée, je n’ai pas vraiment dormi cette fin de semaine, et je vais devoir travailler pas mal tout le temps pour les 7 prochains jours… Bon, ça c’est moins intéressant à rencontrer, j’en conviens. Mais disons que sauf la parenthèse du temps des fêtes, ma vie se résume un peu à ça en ce moment. Boulot, boulot, boulot. Et un repas à Dudley entre les deux (beurk). Vendredi soir, j’ai pris un plat de nouilles avec légumes sautés et boeuf. Ça ne peut pas être mauvais quand même! Et bien ce l’était!! Ça flottait dans l’huile et pas de la bonne huile d’olive qui sent l’Italie, mais bien de la graisse. Après une bouchée on se dit, hum. 2 = bizarre. 3 = ouash, j’ai les lèvres toutes graisseuse. 4= j’ai mal au coeur. Finalement, une copine qui mangeait près de moi et à qui je me plaignais a pris mon bol pour goûter et en le remettant sur mon plateau, paf! renversé! Quel soulagement, je me sentais mal à l’idée de le jeter. Mais là, plus le choix. Heureusement qu’on a Dudley pour se distraire un peu.

Heureusement, j’ai eu des cadeaux réconfortants pour la nouvelle année: je prends mon thé vert du Japon sous le regard de mon chat porte-bonheur (merci Mika!), pendant que je mange une bonne toast au beurre de pinotte avec de la gelée de pommettes de grand-maman (mioum!!). Je me prépare à aller à la classe de yoga avec mon tapis neuf (merci marraine et parrain!) pour me replacer un peu le dos…

Nous avons eu une très belle neige ce matin… il était temps que la neige revienne ici, tout était brun.

Aux résidences, les choses se sont calmées. Tout le monde est un peu ko à cause des examens. On a tous l’air de zombies. J’essaie de bien manger, ne vous inquiétez pas. Je vais au gym le soir courir un peu pour me détendre. Et puis même si je commence à être un peu pâlotte, c’est à ça que ça sert le rouge à lèvre! Tout ça après avoir reçu des courriels nous informant que quelqu’un allait vomir dans notre salle de bain sans tirer la chasse d’eau, et que si cette personne était malade elle pouvait contacter les services de santé. Euh… Et pas de développements dans le cas de la mystérieuse sorcière qui s’obstine à se laver les cheveux dans le lavabo de la cuisine… Au moins personne ne fait plus cuire un oeuf en coquille au micro-ondes depuis que l’expérience a démontré qu’un oeuf au micro-ondes, eh bien ça explose!

Et la police de Harvard (c’est une police privée qui n’a jamais rien n’a faire) continue de nous envoyer un courriel détaillant chaque agression qui a lieu autour du campus. Du genre: samedi soir, à 21h43, une femme a été interceptée sur la rue Kirkland par un homme qui lui a demandé l’heure… blablabla… le gars a pris sa sacoche… blablabla. Je me demande si ils font ça pour mettre du soleil dans nos journées…

Et les lecteurs du blog de mon frère savent déjà que ma maman est en Mauritanie pour une mission humanitaire de deux semaines. Euh… si vous ne le saviez pas, je suis certaine que vous ne l’aviez pas vu venir! Moi non plus. Cinq jours avant son départ, je reçois un message du type: je pars vendredi, peux-tu me trouver des billets pour Paris rapido (l’organisme y est basé, et le vrai départ d’y faisait)? C’est super Romeo qui s’en est chargé. Maintenant ma maman est dans le désert là-bas… Je pense à elle, j’espère que tout va bien. Elle a pour fonction d’être assistante dentaire et a appris le nom de tous les instruments. C’est difficile à concevoir d’ici, de ma chambre ensevelie sous la neige, qu’il y a un monde en-dehors de Harvard Yard.

Neige

Hé!! il a une patinoire dans ma cour!! L’emprunt des patins est gratuit et la glace est réfrigérée… donc toujours ouverte! Hihi! Voyez, elle est au fond de la cour! Youhou! Bon, je retourne à ma vie de cloîtrée.

Bonne année!

LaMalva

L’odeur de la neige

J’ai fait ma première vraie présentation ici ce lundi. Une heure devant une classe de petits brillants architectes, et je présentais une analyse d’un hôtel particulier de la fin du 18e siècle. Bon, vous m’imaginez en train d’essayer d’analyser un plan architectural devant un groupe d’architectes et d’ingénieurs. J’étais un poisson en-dehors de l’eau. Nous étions deux à présenter ce jour-là. La personne avant moi, après ses 30 minutes de présentation, a subi l’humiliation de la démolition en règle de son argument par les 2 profs du cours, pendant 20 minutes, devant toute la classe. Ils lui ont fait des commentaires vraiment durs. Du genre : “n’utilisez de noms de penseurs dans votre travail juste pour masquer les trous dans votre argumentation”. Ouch! Quand son heure a été terminée, une fois que la fille avait les larmes aux yeux, les profs se sont tournés vers moi et ont dit : “Ok, Catherine, it’s your turn now.” Wow, quelle belle ambiance!

Mais les choses se sont mieux déroulées. Pas que j’étais si extraordinaire, loin de là. Au contraire, j’étais beaucoup moins sûre de moi que l’autre fille qui a présenté. J’étais tellement insécure dans ce cours, en fait, que j’ai souvent communiqué avec les profs pour me diriger, leur demander des suggestions de lecture… Et j’ai réduit mon sujet à un édifice, et j’ai fait beaucoup, beaucoup de recherche. Les commentaires que j’ai reçus étaient très constructifs, ils étaient intéressés par quelques idées que j’ai avancées, et m’ont suggéré des aspects que je dois maintenant approfondir pour le travail écrit que je dois faire maintenant… Ouf.

C’est principalement ce cours qui m’a terrorisée les dernières semaines. Je ne me sentais pas à la hauteur. J’avais l’impression que je n’étais pas assez bonne pour ici. Ce que je réalise, maintenant, c’est qu’il est important d’être très humble. Ce n’est pas l’endroit pour se penser bon, parce que je pense que certains profs (et ils sont extrêmement brillants), vont se faire un vilain plaisir de nous remettre à notre place. Par contre, avec beaucoup de travail et beaucoup d’humilité, j’ai senti que les 2 profs ont été portés à me pousser à dépasser mes limites en commençant par me déstabiliser. Quelqu’un m’a dit que c’est comme l’armée : au début on te brise, pour mieux te reconstruire! Je pense que c’est un peu vrai. Mais je pense aussi que c’est bon pour moi, parce que ça m’aide à briser mes réflexes intellectuels pas toujours bons, mes mauvaises habitudes de raisonnement.

Cours

Une de mes amies m’a montré le journal de Harvard ce matin… Héhé! Je suis sur une des photos! Elle a été prise pendant un cours au musée, dans les réserves. La dame qui parle au centre est ma directrice de recherche. Et moi je suis la petite souris à lunettes en arrière, celle qui s’est placée le plus près du tableau!

J’ai la nostalgie de l’hiver depuis 2 jours, c’est bizarre. J’ai envie d’être dans plein de neige, à -30 degrés. Call me crazy, mais ça me manque!

La Malva

La montagne des lutins

Avez-vous déjà eu l’impression que c’est le premier jour de votre vie?  Après la douleur constante des dernières semaines, depuis 2 jours, je commence à me sentir libérée.  Je pense que toutes les angoisses que j’ai eues étaient une sorte d’épreuve du feu : la surcharge de travail et le niveau de réflexion que je veux atteindre m’ont confrontée à mes démons intérieurs!  Les petites bibittes que l’on traine à l’intérieur et qui ici ont rencontré leur meilleur nourriture : la peur de ne pas être à la grandeur de ce que je suis.  Ce n’est peut-être pas clair formulé comme ça.  Disons plutôt : la peur de ne pas aller au bout de moi-même, de ne pas vivre ma vie pleinement.  

À force d’angoisser, de manquer de sommeil, de paniquer, vous devinez que je me suis affaiblie et j’ai attrapé un rhume.  J’ai travaillé toute la semaine avec de la fièvre et un mal de tête et j’ai pleuré dans tous mes cours (pas parce que j’étais triste : c’est parce que je ne voulais pas me moucher pendant que le prof parle - nous ne sommes que quelques étudiants autour d’une table - et alors mes yeux se mettaient à piquer et à larmoyer!!).  Et pourtant je me sens de mieux en mieux.  On dirait que d’avoir un petit rhume m’a ramenée sur terre.  Boulot - manger - dodo.  J’ai recommencé à aller au cours de yoga du dimanche soir.  La prof nous enseigne aussi la méditation, ce qui est bien pour me détendre!  Je me force à manger davantage de viande : j’ai laissé tombé mon aspiration à devenir végétarienne parce que j’avais déjà commencé à faire de l’anémie.  J’ai besoin de toutes mes forces!

Toutes vos pensées m’ont soutenue cette semaine.   Et vous avez dû orienter les astres en ma faveur parce des gens bienveillants ont été placés sur mon chemin.  Entre autres, lundi matin, je me suis levée avec une peur bleue.  Je suis allée à la cuisine préparer mon déjeuner avant de me mettre au travail, mais j’étais si nerveuse que je me demandais comment j’allais arriver à me concentrer.  Un des monsieurs qui fait le ménage était à la cuisine.  Il est latino (il faut être latino ici pour faire le ménage, on dirait!) alors je suis toujours contente de parler en espagnol.  On a commencé à jaser et je ne sais pas pourquoi, mais je me suis confiée à lui.  Il comprenait exactement comment je me sentais.  En fait, il a souvent rencontré des étudiants comme moi, au petit matin, en panique en train de se faire bouillir de l’eau.  Il avait de si bons conseils, il m’a vraiment aidée.  Et puis aujourd’hui, j’ai jasé avec l’autre madame (latina encore!) qui fait le ménage.  Elle a fini par me donner 2 recettes de breuvages chauds pour le rhume et la voix (j’ai une grosse présentation lundi dans un cours de théorie de l’architecture et de la subjectivité (?!?) et je n’ai presque plus de voix).  Et lundi matin elle va m’apporter des radis pour faire une recette (je n’en trouve pas à l’épicerie ici).  Je pense que les employés de l’entretien ici sont des anges qui veillent sur nous.  Des anges latinos bien entendu.  

J’ai hâte de retrouver mes forces pour m’occuper un peu plus des autres aussi.   Je pense que ce qui m’aide le plus, c’est de ne plus prendre de recul, mais plutôt de vivre un jour à la fois.  La phrase de mon petit frère Michaël m’a fait réfléchir.  La montagne est immense.  Alors plutôt que de prendre du recul pour voir ce que j’avais à faire ici pendant 7 ans (ahhh!!!!!), j’ai décidé de me considérer comme un minuscule lutin qui vit dans une montagne.  La montagne est ma maison et le temps fera son oeuvre. 

PS J’ai remarqué que les écureuils avaient pris du poids depuis quelques semaines.

La Malva

La Destinée

Les deux dernières semaines ont été parmi les plus difficiles depuis longtemps pour moi. J’ai perdu confiance en mes capacités, j’ai douté de moi au point d’en faire de l’insomnie… j’ai remis en cause ma présence ici. Et je me réveille le matin avec une pierre au coeur. Qu’est-ce qui m’est passé par la tête de venir ici!? Un midi, j’ai croisé une amie pour le lunch. Elle est très douce et on a souvent placoté le soir tard autour d’un thé dans la cuisine. Je lui parlais de mon anxiété, de ma détresse presque : vous connaissez le symptôme de l’imposteur? L’impression qu’on va bientôt se rendre compte autour de nous que finalement on n’est pas compétent… Je crois en mes capacités, j’aime la discipline de l’histoire de l’art, mais je me sens dépassée par la charge de travail, je ne me sens pas en possession de mes moyens. Cette amie m’a écoutée, elle m’a dit qu’elle a vécu exactement la même chose lors de sa première année. L’impression d’être déroutée, toujours à bout de souffle, stressée, découragée croyant qu’elle n’y arriverait pas. Elle m’a dit qu’elle est passée au travers parce qu’elle prie, parce qu’elle s’appuie sur une sorte de force intérieure.

Aussi, elle est bouddhiste et elle en croit en la destinée. Elle m’a dit de considérer l’idée que ce que je vis en ce moment, même si c’est terriblement difficile, fait partie de ma destinée. It was meant to be. J’ai quelque chose à apprendre sur moi par cette expérience. Je suis un peu arrivée à mon point de rupture, et je pense qu’une certaine discipline spirituelle est la clé pour me remettre sur pied. Qui l’eût cru???

Je n’ai jamais été autant poussée, critiquée, remise en question, submergée de travail. La barre est d’autant plus haute que je suis la seule dans mon programme qui n’ait jamais fait de diplôme en anglais, donc tout me prend davantage de temps et ma pensée n’est pas aussi raffinée qu’en français. Pourtant, je me sens, depuis que j’ai parlé avec cette amie, dans une quête. Une sorte de quête personnelle, quoi. J’ai l’impression d’affronter mes plus grandes peurs.

Cette amie m’a aussi dit que tout revient au coeur. C’est ce qu’on a dans le coeur qui nous donne la force de continuer.

Les liens familiaux et d’amitiés sont les plus importants pour moi en ce moment. Je ne sais pas, peut-être parce que cet amour inconditionnel me permet d’être moi-même et c’est suffisant. Cette semaine, pour combattre l’anxiété qui me prend au ventre quand je me couche -je ne veux plus faire d’insomnie comme au début de la semaine… comme c’est désagréable :( - je pensais à quand j’étais petite. Comment je voyais le monde. Et j’essaie de voir mon travail ici avec les mêmes yeux. Je pense à grand-maman Brodeur, (arrière)grand-maman Duval, Dolorès. Je pense à tout cela en regardant vers le plafond où j’ai suspendu un mobile d’oiseaux en céramique blanche que j’ai depuis que je suis enfant. J’imagine que peu importe l’épreuve, quand on la trouve difficile, le défi est de lui trouver un sens.

BarbuMomNYMarathon

J’ai reçu la visite inattendue de mon chéri Romeo il y a deux semaines. Au détour d’une conversation téléphonique, nous avons spontanément acheté un billet d’avion et 2 jours plus tard mon chéri passait la fin de semaine avec moi. C’est un peu bizarre de partir d’Amsterdam et de venir passer la fin de semaine à Boston. Mais on peut remanier le budget pour nourrir notre couple! De surcroît, Romeo a expérimenté le travail dans un environnement rose.

La fin de semaine suivante, c’est ma maman qui est venue. Nous sommes allées à New York (l’autobus est un excellent environnement pour le travail, et ça m’a fait un bon 8 heures en tout de lectures tout en me laissant ma fin de semaine!) encourager mon petit frère qui faisait le marathon pour la première fois! Allez voir son blogue pour lire son récit! (www.trotteur.ca) J’étais tellement énervée quand je l’ai vu arriver de la course!

J’ai fait l’épicerie aujourd’hui : toute cette angoisse m’a coupé l’appétit et j’ai perdu un peu de poids à force de me ronger les sangs.  Alors je me suis forcée ce soir et j’ai mangé un bon gros bol de spaghetti!

Je vous embrasse, vous êtes dans mon coeur

La Malva

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