Archive pour août 2007

Anne Frank à la plage

Je déménage dans 10 jours à Harvard! Et je commencerai véritablement alors le récit de ma vie là-bas.

Mais puisque je suis toujours à travailler dans mon petit bureau à l’Université de Montréal pour terminer des contrats, je vous parlerai plutôt aujourd’hui d’Anne Frank.

L’Annexe où Anne Frank a vécu avec 7 autres personnes pendant 2 ans, cachés jusqu’à qu’ils soient dénoncés puis déportés dans les camps de la mort, se trouve sur le Prinsengracht canal à Amsterdam… à un coin de rue, littéralement, de l’appartement de Romeo où j’habitais depuis le mois d’avril.

Alors quand j’ai accompagné Romeo au Luxembourg en mai dernier où il terminait son projet avec des prisonniers, j’ai profité des mes journées de femme au foyer pour me promener dans la ville et bouquiner. J’ai pu acheter le journal d’Anne Frank traduit en français. Je l’ai lu de retour à Amsterdam.

À l’appartement, j’entendais régulièrement les cloches d’une église. Et Anne Frank entendait les mêmes… Cette église, c’était celle à côté de l’Annexe, sur Prinsengracht, celle dont Anne Frank parle dans son livre. J’ai eu un frisson quand j’ai lu ce passage, parce que les cloches sonnaient au même moment. Ensuite, quand je passais en faisant mon jogging le matin devant l’Annexe, je ne pouvais que penser aux passages du livre où elle raconte comment elle observait, par un petit orifice, le gens dans la rue, là même où j’étais.

Nous avons visité l’Annexe quand ma mère est venue, et c’est une expérience un peu difficile. En lisant le journal, j’ai été surprise de la vivacité d’esprit d’Anne Frank, de la profondeur de ses réflexions pour une petite fille d’à peine 13 ans. Et les 8 personnes qui vivaient dans l’Annexe sont toutes mortes dans les camps de concentration, parfois quelques jours avant la libération. Anne est morte à Auschwitz.  Tous morts, sauf Otto Frank, le père d’Anne. Il n’a appris la mort de sa femme et ses deux filles qu’à son retour à Amsterdam, après plusieurs démarches…

Mais je suis tombée sur cette photo il y a quelques jours : Anne Frank et sa famille à la plage de Zandvoort, près d’Amsterdam, quelques années avant la guerre.  C’est exactement la même plage où nous sommes allés, celle-là même dont je vous ai mis des belles photos il y a quelques semaines. Tous les chemins se croisent!

Anne Frank

Romeo et moi avons entendu dire que l’une des femmes qui a supporté les 8 clandestins cachés dans l’Annexe, qui leur a fourni nourriture, cahiers scolaires et autres pendant 2 ans, vit toujours à Amsterdam, dans le quartier de Jordaan. Nous nous sommes souvent demandés si c’était elle en voyant, le soir, une vieille dame aux cheveux blancs assise sur son balcon.

LaMalva

Being Peggy Guggenheim

Sur les bords du Grande Canale à Venise, tout près de l’Accademia, on peut visiter l’ancienne demeure de Peggy Guggenheim convertie en musée d’art moderne.

Son père, membre de la richissime famille Guggenheim, a coulé avec le Titanic. Peggy hérite alors, mais ce n’est qu’à 38 ans qu’elle commence à former sa collection. C’est tenant la liste d’artistes élaborée par le conservateur pour son projet avorté de musée à Londres qu’elle réunit un noyau d’oeuvres qui pourrait servir seul à expliquer l’art moderne de la première moitié du 20e siècle.

J’étais donc assise sur la terrasse de sa maison sur le Grande Canale. Et je pensais au fait que cette femme avait l’excentricité de ceux qui en ont les moyens. Pour atteindre un tel degré d’originalité dans toute sa vie, de spécificité, il faut flotter sur la vie comme sa maison flotte sur le canal de Venise.

La fortune de la famille avait été forgée dans les mines au 19e siècle, je crois. Et pendant que je m’imaginais être Peggy Guggenheim sur la terrasse de sa maison – seule entourée de ses chiens, éclairée et impossible – je me disais que cette femme a transformé la poussière des mines en tableaux de Picasso. Qu’elle a transformé la poussière des mines en une vie irréelle qui flotte au-dessus du monde comme sa maison sur le canal.

J’ai bien l’impression que le domaine des arts est plein de poussières de mines comme celles-là.

LaMalva

Peggy

Le Singe Philosophe et Emily Carr

Je travaille cette fin de semaine sur une visite guidée de l’exposition Emily Carr du Musée des beaux-arts de Montréal que je dois donner mardi à un groupe d’étudiantes. Donc ce matin, j’étais au musée à travailler quand j’ai remarqué un tableau qui m’a rappelé le Singe Philosophe…

La vie du Singe Philosophe

J’ai trouvé le Singe Philosophe au sous-sol du Harvard Bookstore, une librairie géniale où je suis allée au mois de mars dernier, quand j’ai visité Harvard après mon admission. Il était dans une boîte de carton entre deux caisses de livres à prix réduits. Je l’ai acheté en souvenir pour l’apporter à Romeo quand j’irais le visiter à Amsterdam. Il a donc été mon compagnon de voyage depuis.

Or, depuis mon départ d’Amsterdam la semaine dernière, j’en suis séparée puisqu’il y est resté avec Romeo.

Mais aujourd’hui, j’ai vu un tableau d’Emily Carr où elle représente son (vrai) singe vêtu d’une petite robe soleil. Emily Carr, une peintre du début du 20e siècle de l’Ouest canadien, adorait les animaux et possédait en effet un singe nommé Woo. À Amsterdam, le Singe Philosophe est également vêtu d’une élégante robe orangée.

Le Singe Philosophe est à gauche; le tableau d’Emily Carr, à droite.

 singe

 LaMalva

L’argent a des ailes

Eh oui, l’argent a des ailes… il s’envole de mon compte de banque et va voguer dans les cieux de la bureaucratie.

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Voici, en 6 étapes, comment faire disparaître 400$ de son compte de banque en 8 heures :

9h15 : rdv à la Clinique du voyageur (privée) pour recevoir des vaccins que la compagnie d’assurance santé que je suis obligée de payer à Harvard (3000$US, juste pour couvrir ce qui est gratuit avec la carte soleil au Québec!).

Coût : 118$ (3 autres rdv prévus au cours du prochain mois… aie!!)

11h30 : rdv chez mon traducteur à l’autre bout de la ville pour récupérer des traductions certifiées de mes relevés de notes, que le Pre-Registration Office de Harvard m’a demandées d’ici le 15 août.

Coût : 130$ (pour 4 pages!!!!)

14h : prise de photos pour le Pre-Registration Office de Harvard

Coût : 4$

15h15 : rdv chez le médecin pour signer un papier comme quoi je suis en bonne santé, exigé par le Health Office de Harvard

Coût : 40$ (pour une signature de médecin!!! avec un examen gynéco en prime. youhou.)

17h : achat d’une nouvelle litière pour le chat et de produit nettoyant pour les pipis de chat sur le tapis de la maison.

Coût : 50$ (bon. ce n’est pas pour Harvard, mais c’est moins le fun à acheter qu’une robe soleil et un bon roman)

19h : envoi au bureau de poste de tous les documents pour Harvard.

Coût : 24$ *****************************

(Pour l’expert-comptable qui lit mon blogue, le total n’est pas de 400$, mais de 366$. Indeed.)

Mais vous savez quoi? Ça ne me dérange pas. J’ai dû débourser environ 1500$ en frais divers pour Harvard depuis le mois de décembre dernier, j’ai dû passer des examens d’algèbre, de logique et de géométrie en anglais (pourquoi?)… Bref, seulement essayer d’entrer au département d’Histoire de l’art à Harvard coûte cher en temps (c’est quoi une équation quadratique, déjà???) et… en argent! Et cela même si je reçois une bourse qui couvre 100% de mes frais de scolarité (17,000$US par année) et des frais d’assurances santé (fiou!), en plus de recevoir suffisamment d’argent pour vivre modestement.

(D’ailleurs, d’où vient tout l’argent que Harvard va me verser pendant 7 ans?)

Voici pour l’aspect matériel de ma préparation en vue de mon entrée à Harvard. Des demandes plus ou moins compliquées et onéreuses qui me sont envoyées par courriel à chaque semaine depuis 6 mois…

Mais ma philosophie par rapport à l’argent : l’argent a des ailes et je préfère qu’il retourne planer dans les sphères de la bureaucratie pendant que je fais ce que j’aime. Je suis contente d’avoir toujours eu 3 repas par jours et des vêtements chauds pour l’hiver.

Et je sais aussi que pendant que j’ai le privilège de dépenser 400$ en 8 heures, des millions de personnes sur la terre donneraient tout pour avoir accès à une éducation, à un métier qui leur permet de se réaliser. Quand je trouve la salle de bain commune mise à ma disposition horriblement délabrée, je me dis : “quelle chance d’avoir accès à de l’eau, chaude de surcroît.” Je le fais vraiment et soudain je sens mes forces revenir et j’apprécie vraiment ce que j’ai.

Même si prendre un bon bain chaud avec de la mousse, c’est pas mal aussi!

LaMalva

Adios Goodbye Farewell

Ça y est, les valises sont faites!

En faisant ma valise, je pensais à toutes les petites choses qui vont me manquer ici : mon vieux vélo gris, la piscine, les musées, la bibliothèque, la mozzarella (très facile à trouver fraîche!) et les tartes aux pommes hollandaises! Mioum! Parce qu’il faut bien le dire, on n’est pas ici en terre de grande gastronomie, alors vive la tarte aux pommes!

Meito dans le sable

Nous avons passé la journée d’hier à la plage de la Mer du Nord, à environ 20 minutes de train du centre-ville. On est donc partis, ma mère, Romeo et moi, en gougounes de la maison et moins d’une heure plus tard on avait les pieds au chaud dans le sable pour ce qui a sûrement été la journée la plus chaude de l’année à Amsterdam (un gros 27 degrés, enfin!!).

Le Singe à la plage

D’ailleurs, pouvez-vous trouver le Singe Philosophe sur la photo????

Romeo y Catarina

J’ai le coeur un peu lourd, je dois dire aurevoir à Romeo pour plusieurs semaines, quelques mois peut-être. Pour ce qui s’annonce comme quelques années que nous devrons passer sur 2 continents différents, Romeo restant à Amsterdam et moi partant bientôt pour Boston…

Les adieux à l’aéroport sont toujours tristes, il me semble. Je pleure à chaque fois. Mais je sais que tous les deux nous avons la chance de faire dans la vie ce que nous aimons vraiment, et surtout dans des conditions qui s’améliorent d’année en année.

De retour à Montréal bientôt…

LaMalva

Voyage à Venise!

Venise est vraiment une ville magnifique, je ne m’attendais pas à ce que les canaux occupent à ce point tout l’espace (même les poubelles sont ramassées en bateau!) Par contre, le flot de touristes est parfois difficile à soutenir, avec tous les magasins d’attrape-touristes que cela fait émerger.

Romeo et moi nous sommes donc rabattus sur la visite d’expositions d’art et nous étions bien servis avec la Biennale et les musées incroyables de la ville. La Biennale de Venise est une grande exposition d’art internationale qui se déroule évidemment aux 2 ans. Le principe est que chaque pays a un pavillon (un peu comme une maison à l’architecture recherchée) situé dans un grand jardin à l’extrémité est de Venise. Le concept reprend un peu celui des grandes Expositions universelles, un peu comme Expo 67. Le pavillon du Canada était représenté par un artiste montréalais qui a étudié à l’UQAM…

Pavillon du Canada

… comme Romeo!

Notre seconde activité principale a été de marcher et de manger des gelato, qui sont beaux, bons, pas chers!!!

Venise555

Et oui, le Singe Philosophe est venu avec nous! Le voici assis tranquilement sur le bord de la fenêtre de notre chambre d’hôtel, sur le bord d’un canal! Et remarquez qu’il est maintenant l’heureux propriétaire d’une nouvelle garde-robe à la mode!

Singe Philosophe à Venise

J’ai maintenant de la belle visite à Amsterdam : ma maman est arrivée hier!

LaMalva