Je déménage dans 10 jours à Harvard! Et je commencerai véritablement alors le récit de ma vie là-bas.
Mais puisque je suis toujours à travailler dans mon petit bureau à l’Université de Montréal pour terminer des contrats, je vous parlerai plutôt aujourd’hui d’Anne Frank.
L’Annexe où Anne Frank a vécu avec 7 autres personnes pendant 2 ans, cachés jusqu’à qu’ils soient dénoncés puis déportés dans les camps de la mort, se trouve sur le Prinsengracht canal à Amsterdam… à un coin de rue, littéralement, de l’appartement de Romeo où j’habitais depuis le mois d’avril.
Alors quand j’ai accompagné Romeo au Luxembourg en mai dernier où il terminait son projet avec des prisonniers, j’ai profité des mes journées de femme au foyer pour me promener dans la ville et bouquiner. J’ai pu acheter le journal d’Anne Frank traduit en français. Je l’ai lu de retour à Amsterdam.
À l’appartement, j’entendais régulièrement les cloches d’une église. Et Anne Frank entendait les mêmes… Cette église, c’était celle à côté de l’Annexe, sur Prinsengracht, celle dont Anne Frank parle dans son livre. J’ai eu un frisson quand j’ai lu ce passage, parce que les cloches sonnaient au même moment. Ensuite, quand je passais en faisant mon jogging le matin devant l’Annexe, je ne pouvais que penser aux passages du livre où elle raconte comment elle observait, par un petit orifice, le gens dans la rue, là même où j’étais.
Nous avons visité l’Annexe quand ma mère est venue, et c’est une expérience un peu difficile. En lisant le journal, j’ai été surprise de la vivacité d’esprit d’Anne Frank, de la profondeur de ses réflexions pour une petite fille d’à peine 13 ans. Et les 8 personnes qui vivaient dans l’Annexe sont toutes mortes dans les camps de concentration, parfois quelques jours avant la libération. Anne est morte à Auschwitz. Tous morts, sauf Otto Frank, le père d’Anne. Il n’a appris la mort de sa femme et ses deux filles qu’à son retour à Amsterdam, après plusieurs démarches…
Mais je suis tombée sur cette photo il y a quelques jours : Anne Frank et sa famille à la plage de Zandvoort, près d’Amsterdam, quelques années avant la guerre. C’est exactement la même plage où nous sommes allés, celle-là même dont je vous ai mis des belles photos il y a quelques semaines. Tous les chemins se croisent!
Romeo et moi avons entendu dire que l’une des femmes qui a supporté les 8 clandestins cachés dans l’Annexe, qui leur a fourni nourriture, cahiers scolaires et autres pendant 2 ans, vit toujours à Amsterdam, dans le quartier de Jordaan. Nous nous sommes souvent demandés si c’était elle en voyant, le soir, une vieille dame aux cheveux blancs assise sur son balcon.
LaMalva





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