La journée d’hier a débuté avec une question existentielle que Romeo a fatalement prononcée : “Ça va-tu toute rentrer dans la Echo Hatchback de mon père???” Un Echo Hatchback, pour les non-initiés, eh bien ça n’a que 4 places assises et un coffre vertical d’environ 30 cm de profondeur… Ha! C’est petit, certes, mais c’est bon pour la couche d’ozone.
Youppi! tout est rentré! Romeo et moi on avait même un peu de place pour nos pieds! Alors sans plus attendre, nous avons grimpé dans la rutilante Hatchback de Manuel, papa de Romeo et mon chauffeur personnel, qui a pesé sur le champignon, tandis que le comité de départ (voisine, maman et belle-maman) nous faisait des bye-bye bien sentis.
Déjà les douanes! Deux petits tours, et me voilà récipiendaire d’un nouveau collant dans mon passeport : j’ai obtenu mon permis d’entrée et de sortie des États-Unis d’Amérique pour les 5 prochaines années. J’ai donc fait une danse en ce grand événement, devant le bâtiment style moderniste-verre-soufflé-à-carreau des douanes américaines. En cette occasion, Manuel prononça solonnellement : “Caty, pura gringa!”
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Nous voilà lancés sur la 89-S vers Boston. Le paysage est incroyable!! Durant des heures, que des montagnes, des arbres, des rochers, des lacs… Mais pas de restaurants. Hum, nous avons faim. Il est 13h. Nous avons très faim. Il est 14h. Le paysage est à couper le souffle, encore. Il est 15h. Bon, dans l’état où nous sommes, ayant épuisé toutes mes réserves de graines de soya grillées, nous étions prêts à manger n’importe quoi. Je répète : n’importe quoi.
Bon, une fois cette mac-erreur de parcours oubliée, tandis que résonnent les mots “pura gringa” en moi, nous poursuivons notre chemin, et nous poursuivons, et nous poursuivons. Ouf, c’est loin! Après quelques petits tournages en rond dans le grand Boston, nous arrivons triomphalement devant les résidences de Harvard. Il fait noir, on est tous fatigués, et la porte est verrouillée… Hum… Une étudiante aussi court d’une porte à l’autre, nous courrons alors avec elle : je veux la clé de ma chambre! Finalement, Romeo, sans crier gare, tire une porte qui s’ouvre. Au sous-sol nous attendent de gentils résidents qui me remettent ma clé ainsi qu’une enveloppe remplie de petits mots doux (c’est vrai!) : bienvenue à Harvard, bienvenue aux résidences, bienvenue sur le campus, bienvenue… Alors… ma chambre!?!?!? Soyez patients.
Car pour Romeo et le courageux Manuel, le voyage n’est pas terminé. Ils doivent retourner à Montréal car Romeo doit y prendre un avion pour Bruxelles dans 12 heures… Et il est 23h et nous n’avons pas encore soupé. Alors hop, les valeureux guerriers engloutissent de lourds burritos, accompagnés d’une guacamole qui, au dire de tous les convives, pourrait être presque aussi bonne que celle de la maman de Romeo, Mercedes.
Après 2 ou 3 heures de sommeil, Romeo et Manuel suivent les ordres de mon cadran et se lèvent à 3h45 du matin pour reprendre la route. En arrivant à Montréal, Romeo aura tout juste de le temps d’attraper son avion. Fiou!
Alors ma chambre? Elle est merveilleuse, toute petite mais parfaite. Le tapis est neuf (yé!), tout est propre, très propre. Et les quelques voisines de pallier a qui j’ai parlé jusqu’à maintenant sont toutes amicales et tranquilles. Je suis sur le seul étage réservé aux filles sur le campus, mais on m’a vite rassurée : les conjoints peuvent nous visiter et rester avec nous le temps que l’on veut. Re-fiou!
Et je crois avoir mis suffisamment de rose dans ma chambre pour être heureuse!
LaMalva





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