Archive pour 4 septembre 2007

Un hamburger avec ça?

Quelle image avez-vous en tête lorsque vous pensez à Harvard?  Moi, je me figurais un mélange de Harry Potter et de Good Will Hunting.  Des dortoirs à l’architecture anglo-saxonne entourés d’arbres et des étudiants qui prennent des cafés sur des terrasses fraîches, foulards de laine noués au cou, en discutant de physique nucléaire. 

 View

De ma chambre, aux résidences, j’ai l’impression que la vue que j’y ai prend le relai de mes plus beaux rêves!  Voyez la photo prise depuis mon bureau de travail!!!  À l’intérieur du campus, aucune voiture ne circule.  Que des étudiants, sac au dos!

Mais la réalité – du moins celle que vis ici depuis 3 jours – est néanmoins plus près de ceci : des étudiants qui viennent des quatre coins du monde, souvent d’Asie, qui se retrouvent ici loin de toute famille et amis.  Tout est tellement structuré, mais fait avec la meilleure des volontés, que les occasions de se rencontrer se multiplient tous les jours.  Dimanche, j’ai participé à deux activités : une exursion au supermarché (nous devions être 50 étudiants ensemble!) et une grande marche de fin de soirée couvrant le campus du Harvard Square où j’habite, guidée par un RA (Resident Advisor).  Maintenant je sais que la bibliothèque de la Faculté de Droit (l’une des plus prestigieuses au monde, plein de présidents sont passés par ici – quoique Georges W. Bush également – cela déprécie-t-il la faculté?) offre gratuitement le café aux étudiants qui viennent y travailler après 21h le soir.  Le Maison des étudiants des cycles supérieurs (Dudley House) met à notre disposition une imprimante laser, gratuitement!  Il existe même un programme de prêt d’oeuvres d’art au Fogg Museum (encore sur le campus!) pour l’année scolaire.  Pour 40$, je peux avoir une gravure magnifique dans ma chambre! 

Girls 

Mais ce qui me touche le plus depuis que je suis ici, c’est qu’il se dégage un très fort esprit de communauté parmi les étudiants internationaux.  Ce matin, il fallait aller se déclarer à un bureau quelconque, question de régulariser les visas, et spontanément des étudiants se sont réunis au rez-de-chaussée après les procédures pour prendre un thé (c’est une Anglaise qui nous en a donné envie!  “I need a cup of tea!”).  Ce soir, je suis allée manger un gros hamburger avec du ketchup avec quelques nouvelles amies.  Jaya, qui est complètement à gauche, commence elle aussi le doctorat en Histoire de l’art.  Nous ne sommes que 10, alors c’est une chance merveilleuse que je sois tombée sur elle si rapidement!  Et demain soir, j’ai rendez-vous avec une de mes voisines (je suis la seule non-asiatique sur mon étage!) qui est chinoise : je vais lui montrer des expressions en français, et elle en mandarin.  Alors quand on se saluera dans le corridor, je lui dirai allo en mandarin!  Et maintenant je peux dire “Ohio” à ma voisine japonaise (merci Mika!). 

Je ne pourrais imaginer rien de mieux! 

Anecdote, pour terminer ce récit d’un optimisme exalté : 

Tous les étudiants internationaux inscrits au doctorat qui n’ont pas obtenu de diplôme universitaire de premier cycle d’une institution anglophone (c’est moi, ça!) doivent consacrer la journée de demain à passer un interminable et énième test de classement en anglais.  (On a tous déjà subi 2 tests l’an dernier qui prennent environ 1 mois à temps plein de préparation et qui coûtent au total environ 500$.  Pourquoi un autre test?  La théorie la plus répandue sur le campus est que Princeton, qui monte un de ces exams, fait pas mal d’argent avec ça… Ha!)  Comme je n’avais pas reçu d’infos à ce sujet, je suis allée directement à la source ce matin et… je n’ai pas à faire le test puisque je suis canadienne.  Euh… j’ai expliqué à la dame que je suis “French Canadien, which means that my mother tongue IS french and that all my degrees come from french universities“.  Well, ça fait rien.  Non pas que je tienne à subir un autre test horrible qui dure 8 heures, mais je ne veux pas avoir des problèmes dans 3 semaines quand une secrétaire va m’appeler pour me chicaner de n’avoir pas fait le test.   Mais pour les Américains, au Canada, nous sommes tous anglophones.  Bref, pas d’examen d’anglais pour moi!  Hum.  Je suis soulagée et consternée à la fois.  J’ai bien l’impression qu’aux États-Unis, la situation linguistique canadienne est méconnue. 

I’ll drink to that, Uncle Sam!

La Malva