Un diner chez Henri

Hier soir, les étudiants de première année au doctorat en Histoire de l’art étaient invités à prendre un verre et diner (souper) chez un des professeurs les plus connus du département. (Par le titre de cet article, Ersy a probablement deviné de qui il s’agit!) Je l’ai rencontré à deux reprises au cours des dernières années dans des colloques, alors c’était un peu étrange d’imaginer une situation informelle, dans sa maison.

Sa maison… elle est à Boston, dans ce qui ressemble à un hôtel particulier niché dans une rue pleine de charme, là même où habite John Kerry, ancien candidat à la maison blanche – juste pour vous donner une idée du cachet!!!! Et la soirée a été très agréable! Notre hôte professeur était très convivial, simple et accueillant. Vous imaginez une sommité dans votre domaine qui invite les nouveaux étudiants chez lui, qui les reçoit avec toute la gentillesse du monde. À un certain moment, je me suis retrouvée à couper du pain dans la cuisine, discutant avec le professeur qui s’attaquait à une grosse pièce de saumon fumé. À ce moment, je me suis dit : mais quelle drôle de situation! Il y a un an, je lui demandais timidement quelques conseils après ma conférence dans un colloque en Suisse, et aujourd’hui je coupe du pain dans sa cuisine… Ainsi va la vie!

Durant cette soirée, j’ai pu parler avec plusieurs de mes collègues de deuxième année, et je leur ai demandé des conseils… Comme je vous en ai déjà fait part, je suis un peu dépassée par la quantité de travail. Je n’arrive pas à dormir mes 8 heures par nuit et je suis un peu vidée du stress des cours – je trouve ça tellement stressant, encore, de prendre la parole dans les séminaires à cause de l’anglais. Quand je suis nerveuse, mon niveau d’anglais baisse pas mal!! Alors plusieurs de mes collègues m’ont gentilment donné le même conseil : ne fais pas tout ce que les profs demandent, sautent des paragraphes, des pages entières, ne lis pas tous les articles. Il faut savoir se préparer de façon à avoir quelque chose à dire durant les séminaires, c’est tout. Car il faut aussi garder du temps pour préparer nos propres recherches et écrire nos travaux et présentations orales.

J’ai aussi débuté un cours de yoga le dimanche soir… la professeur nous fait méditer et propose que nous travaillions sur le réaligement de nos chakras!! Eh bien moi, je ne sais pas trop de quoi ont l’air mes chakras, mais je suis certaine qu’ils ont besoin d’être réalignés. Alors je prends tout!! Je vais continuer d’aller à ce cours à chaque semaine – c’est très intense, très relaxant, mais ça aide aussi à travailler sa capacité à se concentrer.

Je trouve que lire est très bon pour se clarifier l’esprit, du moins pour moi, car il faut rester concentré sur un fil argumentaire, et laisser passer toutes les idées superflues qui nous traversent la tête. C’est une bonne chose pour moi d’être confrontée à une telle charge de travail ici, parce que je réalise, au bout de 3 semaines complètement épuisantes même si très nourrissantes, que c’est humainement impossible de tout faire. Je travaille donc très fort à me mettre moins de pression, à être moins dure envers moi-même et à ne pas faire tout ce qu’on me dit de faire. Pas pire, hein?!

Un de mes séminaires d’aujourd’hui était donné dans les salles du musée… vous imaginez la différence entre faire un cours d’histoire de l’art avec des diapos, et le faire dans une salle d’Archive, tranquille, avec l’orginal. On peut observer la technique, le format, les repentirs, les traces d’une première idée effacée, la subtilité de l’épaisseur du trait de crayon… Des détails qu’on ne voit pas avec les diapos!

Les écureuils du campus vont bien, j’en ai vu deux se bagarrer cette semaine et un autre enterrer sa noisette juste à côté de la porte d’entrée de ma résidence. Si j’ai un petit creux cet hiver, ça me fera une bonne provision! Sur mon étage, tout va bien : l’évier n’est plus jamais bouché depuis que les gens ont cessé de mettre la peau du poulet cru dedans. Par contre, le frigo surchargé est un peu déréglé : plusieurs de mes items de nourriture ont gelé!! Mes oeufs se sont transformés en blocs de glace. J’en ai pelé un pour voir, c’était plutôt joli. Mais pas très appétissant…

calligraphie

L’une de mes voisines m’a fait un très joli cadeau cette semaine. Nous discutions de calligraphie chinoise ensemble sur le bord du four pendant que je me préparais à manger, car j’étais en train de lire cette journée un article sur des parchemins chinois. 5 minutes plus tard, elle revient avec ce petit bout de papier sur lequel elle a copié un poème. Je dois lui demander de m’écrire la traduction cette semaine. J’étais très émue… elle me l’a donné si spontanément! Je suis vraiment entourée de bonnes personnes, vraiment. Je l’ai accroché au mur, face à mon bureau.

La Malva

5 Réponses vers “Un diner chez Henri”


  1. 1 ersy 10 octobre 2007 à 11:32

    Chez Henri !
    C’est trop drôle ! Et tu as réussi à couper du pain sans te blesser ?
    Tu as l’air pas mal plus détendue cette semaine. C’est incroyable tout ce qu’on apprend sur soi au moment où on s’y attend le moins, tous les défis qui ne sont pas ceux auxquels on croyait devoir faire face (ou en plus de ceux auxquels on savait qu’on allait de voir faire face :)
    Ici c’est Hogarth cette semaine. Il est passé minuit (Modern Midnight Conversation?) et j’ai encore plusieurs heures de travail devant moi avant de faire face à mes 50 étudiants demain matin.
    Je vais peut-être me lancer dans le yoga aussi – ça a l’air de tellement t’aider!
    Je t’envoie plein d’ondes positives.
    - Ersy.

  2. 2 La voisine de maman 11 octobre 2007 à 1:01

    Chère Catherine,

    Je viens de prendre connaissance des péripéties de la vie en résidence sur le campus et de tes réflexions sur la vie presque monastique que tu mènes à cause de la charge de travail. Ce qui me plaît c’est que tu gardes tout de même un sens de l’humour qui te permet une saine distanciation.
    Je suis touchée par cette sororité entre étudiantes de différentes cultures, plongés dans un travail ardu et qui apprennent la valeur de l’amitié, des petits cadeaux surprises et la joie des bonnes bouffes partagées …

    Ton discours se rapproche de celui de ma nièce Rachel qui a commencé ses études en médecine à McGill et je crois caractérise les étudiantes très motivées et qui veulent performer.

    Après l’expérience du premier semestre, tu sauras mieux t’ajuster et choisir la bonne stratégie dans les études.

    Ici, je récupère de mon opération à la hanche et ta mère est un véritable ange gardien qui m’a préparé de succulents repas qui m’ont donné des forces.

    Allez garde courage et conviction,

    Amicalement,

    Louise, la voisine de maman, xx

  3. 3 Le trotteur de l'est 11 octobre 2007 à 1:58

    Zut! Moi qui pensait que je serais toujours le premier à commenter tes articles.

    Je pense sincèrement que ton stress est une question de perspective. Prends l’anglais par exemple. Après avoir vu des photos et lu tes articles à propos des autres étudiantes, je suis certain qu’elles t’envient quant à ta capacité de t’exprimer en anglais.

    Tu connais le principe de Pareto (80/20). Imagines tout ce qu’une personne dans ta position pourrait réaliser si elle pouvait ne lire que ce qui lui permet d’avancer.

    Changement de sujet, j’ai revu aujourd’hui l’écureuil blanc près de chez moi. Bon, il n’est pas aussi blanc qu’une souris, mais il est tout de même assez blanc pour que je puisse dire qu’il n’est pas gris.

  4. 4 El Quetzal 19 octobre 2007 à 11:02

    Hola querida Malva…

    Courage dans cette galère havardienne!! Tu es entourée de gens qui t’aiment. Quand c’est trop dure, prends un pause pour nous donner de tes nouvelles, nous sommes là pour te lire!!

    xxx El Quetzal

  5. 5 Jean-Pierre 28 octobre 2007 à 8:58

    Content de voir que tu commences à tourner les coins un petit peu plus ronds; de toute façon, je suis sûr qu’au doctorat à Harvard, il doit y en avoir des tonnes de coins à tourner.
    JP


Laisser un commentaire