J’ai fait ma première vraie présentation ici ce lundi. Une heure devant une classe de petits brillants architectes, et je présentais une analyse d’un hôtel particulier de la fin du 18e siècle. Bon, vous m’imaginez en train d’essayer d’analyser un plan architectural devant un groupe d’architectes et d’ingénieurs. J’étais un poisson en-dehors de l’eau. Nous étions deux à présenter ce jour-là. La personne avant moi, après ses 30 minutes de présentation, a subi l’humiliation de la démolition en règle de son argument par les 2 profs du cours, pendant 20 minutes, devant toute la classe. Ils lui ont fait des commentaires vraiment durs. Du genre : “n’utilisez de noms de penseurs dans votre travail juste pour masquer les trous dans votre argumentation”. Ouch! Quand son heure a été terminée, une fois que la fille avait les larmes aux yeux, les profs se sont tournés vers moi et ont dit : “Ok, Catherine, it’s your turn now.” Wow, quelle belle ambiance!
Mais les choses se sont mieux déroulées. Pas que j’étais si extraordinaire, loin de là. Au contraire, j’étais beaucoup moins sûre de moi que l’autre fille qui a présenté. J’étais tellement insécure dans ce cours, en fait, que j’ai souvent communiqué avec les profs pour me diriger, leur demander des suggestions de lecture… Et j’ai réduit mon sujet à un édifice, et j’ai fait beaucoup, beaucoup de recherche. Les commentaires que j’ai reçus étaient très constructifs, ils étaient intéressés par quelques idées que j’ai avancées, et m’ont suggéré des aspects que je dois maintenant approfondir pour le travail écrit que je dois faire maintenant… Ouf.
C’est principalement ce cours qui m’a terrorisée les dernières semaines. Je ne me sentais pas à la hauteur. J’avais l’impression que je n’étais pas assez bonne pour ici. Ce que je réalise, maintenant, c’est qu’il est important d’être très humble. Ce n’est pas l’endroit pour se penser bon, parce que je pense que certains profs (et ils sont extrêmement brillants), vont se faire un vilain plaisir de nous remettre à notre place. Par contre, avec beaucoup de travail et beaucoup d’humilité, j’ai senti que les 2 profs ont été portés à me pousser à dépasser mes limites en commençant par me déstabiliser. Quelqu’un m’a dit que c’est comme l’armée : au début on te brise, pour mieux te reconstruire! Je pense que c’est un peu vrai. Mais je pense aussi que c’est bon pour moi, parce que ça m’aide à briser mes réflexes intellectuels pas toujours bons, mes mauvaises habitudes de raisonnement.
Une de mes amies m’a montré le journal de Harvard ce matin… Héhé! Je suis sur une des photos! Elle a été prise pendant un cours au musée, dans les réserves. La dame qui parle au centre est ma directrice de recherche. Et moi je suis la petite souris à lunettes en arrière, celle qui s’est placée le plus près du tableau!
J’ai la nostalgie de l’hiver depuis 2 jours, c’est bizarre. J’ai envie d’être dans plein de neige, à -30 degrés. Call me crazy, mais ça me manque!
La Malva




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