La Destinée

Les deux dernières semaines ont été parmi les plus difficiles depuis longtemps pour moi. J’ai perdu confiance en mes capacités, j’ai douté de moi au point d’en faire de l’insomnie… j’ai remis en cause ma présence ici. Et je me réveille le matin avec une pierre au coeur. Qu’est-ce qui m’est passé par la tête de venir ici!? Un midi, j’ai croisé une amie pour le lunch. Elle est très douce et on a souvent placoté le soir tard autour d’un thé dans la cuisine. Je lui parlais de mon anxiété, de ma détresse presque : vous connaissez le symptôme de l’imposteur? L’impression qu’on va bientôt se rendre compte autour de nous que finalement on n’est pas compétent… Je crois en mes capacités, j’aime la discipline de l’histoire de l’art, mais je me sens dépassée par la charge de travail, je ne me sens pas en possession de mes moyens. Cette amie m’a écoutée, elle m’a dit qu’elle a vécu exactement la même chose lors de sa première année. L’impression d’être déroutée, toujours à bout de souffle, stressée, découragée croyant qu’elle n’y arriverait pas. Elle m’a dit qu’elle est passée au travers parce qu’elle prie, parce qu’elle s’appuie sur une sorte de force intérieure.

Aussi, elle est bouddhiste et elle en croit en la destinée. Elle m’a dit de considérer l’idée que ce que je vis en ce moment, même si c’est terriblement difficile, fait partie de ma destinée. It was meant to be. J’ai quelque chose à apprendre sur moi par cette expérience. Je suis un peu arrivée à mon point de rupture, et je pense qu’une certaine discipline spirituelle est la clé pour me remettre sur pied. Qui l’eût cru???

Je n’ai jamais été autant poussée, critiquée, remise en question, submergée de travail. La barre est d’autant plus haute que je suis la seule dans mon programme qui n’ait jamais fait de diplôme en anglais, donc tout me prend davantage de temps et ma pensée n’est pas aussi raffinée qu’en français. Pourtant, je me sens, depuis que j’ai parlé avec cette amie, dans une quête. Une sorte de quête personnelle, quoi. J’ai l’impression d’affronter mes plus grandes peurs.

Cette amie m’a aussi dit que tout revient au coeur. C’est ce qu’on a dans le coeur qui nous donne la force de continuer.

Les liens familiaux et d’amitiés sont les plus importants pour moi en ce moment. Je ne sais pas, peut-être parce que cet amour inconditionnel me permet d’être moi-même et c’est suffisant. Cette semaine, pour combattre l’anxiété qui me prend au ventre quand je me couche -je ne veux plus faire d’insomnie comme au début de la semaine… comme c’est désagréable :( – je pensais à quand j’étais petite. Comment je voyais le monde. Et j’essaie de voir mon travail ici avec les mêmes yeux. Je pense à grand-maman Brodeur, (arrière)grand-maman Duval, Dolorès. Je pense à tout cela en regardant vers le plafond où j’ai suspendu un mobile d’oiseaux en céramique blanche que j’ai depuis que je suis enfant. J’imagine que peu importe l’épreuve, quand on la trouve difficile, le défi est de lui trouver un sens.

BarbuMomNYMarathon

J’ai reçu la visite inattendue de mon chéri Romeo il y a deux semaines. Au détour d’une conversation téléphonique, nous avons spontanément acheté un billet d’avion et 2 jours plus tard mon chéri passait la fin de semaine avec moi. C’est un peu bizarre de partir d’Amsterdam et de venir passer la fin de semaine à Boston. Mais on peut remanier le budget pour nourrir notre couple! De surcroît, Romeo a expérimenté le travail dans un environnement rose.

La fin de semaine suivante, c’est ma maman qui est venue. Nous sommes allées à New York (l’autobus est un excellent environnement pour le travail, et ça m’a fait un bon 8 heures en tout de lectures tout en me laissant ma fin de semaine!) encourager mon petit frère qui faisait le marathon pour la première fois! Allez voir son blogue pour lire son récit! (www.trotteur.ca) J’étais tellement énervée quand je l’ai vu arriver de la course!

J’ai fait l’épicerie aujourd’hui : toute cette angoisse m’a coupé l’appétit et j’ai perdu un peu de poids à force de me ronger les sangs.  Alors je me suis forcée ce soir et j’ai mangé un bon gros bol de spaghetti!

Je vous embrasse, vous êtes dans mon coeur

La Malva

9 Réponses vers “La Destinée”


  1. 1 Céline 11 novembre 2007 à 8:07

    Chère Catherine,
    Tu as la chance d’avoir une amie bien sage, je pense que tu n’as plus vraiment de repères, tout est si différent sans l’être. Tu dois dans ces périodes puisées complètement en toi.
    Tu m’avais déja mentionné comme tu avais été étonné il y a quelques années alors que les choses allaient moins bien pour toi comme tout s’était reserré autour de toi, et il s’agissait de ta famille et tes amis.
    Alors nous sommes encore tous la pour toi, profite de ce que tu as à vivre et on t’AIME.

  2. 2 Le trotteur de l'est 11 novembre 2007 à 9:44

    Lâches pas soeurette!
    La chose la plus importante restera toujours de bien dormir. Tout part de là. Si tu n’as pas de bonnes nuits, le reste ne peut pas s’améliorer.

    J’ai confiance en toi, en autant que tu dormes! Essaie de compter les écureuils ou les singes philosophiques, mais dors!!!

    Moi, quand je travaillais des journées de fou, je jouais 30 minutes à Dr Mario avant de me coucher. Ces petites pillules étaient mon moyen de prédilection pour me changer les idées.

  3. 3 grand-maman janine 11 novembre 2007 à 11:29

    allo ma belle fille que j admire tant. c,est normal qu,apres deux mois d,autant d,intensite tu roulais a 200 km; hre tu sois a bout . il te reste a revenir sur tes pas et prendre le temps de te reposer, des 24 hres sans dormir ca ne donne pas d,emergie.les belles visites que tu as eues ont du te donner des ailes . tu as bien fait d aller a new york . je suis ton blog, mais je suis pas encore tres experte avec l,internet ,je ne savais pas comment te repondre ,tu decris bien ce que tu vis et c est agreable a lire.tu es tres positive .JE T,ENVOIE PLEIN D ONDES ENERGETIQUE . Je t envoie un gros calin et je t embrasse bien fort ma cherie. Nous nous ennuyons beaucoup de notre tresor qui est a TOKIO. bonne chance dans ta quete de positivisme.
    GRAND,MAMAN JANINE QUI T,AIME TANT XXX

  4. 4 mike girard 11 novembre 2007 à 11:56

    YO MA SOEUR!
    CA VA TE FAIRE DU BIEN D ENTENDRE UNE EXPRESSION PUREMENT QUÉBECOISE; LACHE PAS LA PATATE !!!!!!!!!!!!
    ON EST TOUS DERRIERE TOI ET JE CROIS QUE PERSONNE ICI NE DOUTE DE TES CAPACITÉS A SURMONTER CETTE ÉPREUVE. CA VA SUREMENT TE FAIRE DU BIEN DE RECEVOIR AUTANT DE TÉMOIGNAGES D ENCOURAGEMENTS. JE VIS UN PEU LA MEME CHOSE MAIS AVEC QUELQUE CHOSE DE COMPLETEMENT DIFFERENT; J AI ARRETER DE FUMER CETTE SEMAINE. JE M ETAIT DIT QUE J ARRETERAIS A LA CHASSE IL Y 2 SEMAINES MAIS J AI EU PEUR DE NE PROFITER DE MES VACANCES SI J ETAIS GRUGÉ PAR CE DÉMON…A DATE CA VA BIEN…IL FAUT QUE JE TE LAISSES; JE M EN VAIS JOUER AU HOCKEY. JE PENSES A TOI TRES FORT ET FAIS COMME MOI, PRENDS CA UN JOUR A LA FOIS.
    CIAO
    MICHAEL

  5. 5 lamalva 11 novembre 2007 à 2:00

    Michael, tu es mon frère d’armes alors! Bon courage avec la cigarette. Cette fois-ci sera la bonne!! Je vais penser un jour à la fois comme toi.
    Merci pour vos messages!!!!!!! :)

  6. 6 Hélène 12 novembre 2007 à 3:02

    Bonjour Catherine-les-nuages,
    Tu te souviens que nous avions parlé des débuts difficiles d’une sculpture ? Comme tu en seras une belle !!! Je lis ton blog régulièrement et suis tes états d’âme… Souvent je me dis “I know what you mean “…
    Bonne semaine !
    Hélène

  7. 7 Matante Suzanne 12 novembre 2007 à 7:26

    Bonjour belle Catherinette ! J’ai réussi a me procurer l’adresse de ton blog. Mon ordinateur a sauté et on a tout perdu.
    Je t’avais répondu sur ton adresse yahoo mais je le refait tout de même sur ton blog.
    Lorsque que quelque chose devient un peu lourd a porter pour moi, j’ai un petit truc qui marche presque à tout coup… Et bien, je me dis que si je le désire, je peux mettre fin à cette situation… que j’ai le pouvoir de décider de ma vie. En pensant de cette manière, on dirait que ça me donne l’énergie dont j’ai besoin pour continuer.

    Tu sais belle Catherine que tu n’est probablement pas obligé d’avoir des notes parfaites. Juste de bien réussir, j’imagine que ça doit être suffisant…

    De lire ton message me fait questionner sur le désir de Laurie Anne de devenir médecin… J’imagine bien qu’elle aura elle aussi beaucoup de nuits blanches tout comme toi à cause des études…
    Mais comme c’est son désir le plus cher, elle fera la même chose que toi, c’est à dire, persévérer et de réaliser son but.

    Heureusement, vous êtes jeunes et vous n’avez pas les contraintes de la famille (enfants, garderie, repas, ménage…)
    Chaque chose en son temps et présentement, le temps est aux études…

    Je suis bien fière de toi chère Catherine !

    Matante Suzanne xxx

  8. 8 Jean-Pierre 14 novembre 2007 à 6:54

    J’ai beaucoup “connecté” à toi depuis qu’on s’est parlé la semaine dernière. J’ai revu les quelques fois où j’ai angoissé à ce point et maintenant, même si je reconnais qu’il y avait bien un problème réel, je réalise àprès coup que son importance relative était beaucoup moins grande que je ne l’imaginais à l’époque. Mais voilà, comment relativer les choses quand on est envahi par la panique et dévoré par le stress et la fatigue? C’est là que notre spiritualité peut arriver à la rescousse et même nous permettre de recadrer l’ensemble de notre vie. Quelle forme ta spiritualité habite-t-elle naturellement? (méditation, prière, voyage sacré vers son intérieur profond ou vers les confins de notre univers, …) c’est à toi de découvrir mais je suis sû que ça marche.
    De tout coeur avec toi, comme toutes ces belles personnes qui t’accompagnent.
    Ton père.

  9. 9 Claude Girard 16 novembre 2007 à 1:22

    Alors que je retrouve sur mon portable ton blogue qui s’était empoussiéré depuis son ouverture, voilà qu’un tremblement de terre secoue la maison dès la première phrase.. et s’est arrêté dès la troisième.. Alors continu ! Les tremblements de terre sont aussi fréquents au Japon que les découragements à Harvard.


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