La montagne des lutins

Avez-vous déjà eu l’impression que c’est le premier jour de votre vie?  Après la douleur constante des dernières semaines, depuis 2 jours, je commence à me sentir libérée.  Je pense que toutes les angoisses que j’ai eues étaient une sorte d’épreuve du feu : la surcharge de travail et le niveau de réflexion que je veux atteindre m’ont confrontée à mes démons intérieurs!  Les petites bibittes que l’on traine à l’intérieur et qui ici ont rencontré leur meilleur nourriture : la peur de ne pas être à la grandeur de ce que je suis.  Ce n’est peut-être pas clair formulé comme ça.  Disons plutôt : la peur de ne pas aller au bout de moi-même, de ne pas vivre ma vie pleinement.  

À force d’angoisser, de manquer de sommeil, de paniquer, vous devinez que je me suis affaiblie et j’ai attrapé un rhume.  J’ai travaillé toute la semaine avec de la fièvre et un mal de tête et j’ai pleuré dans tous mes cours (pas parce que j’étais triste : c’est parce que je ne voulais pas me moucher pendant que le prof parle – nous ne sommes que quelques étudiants autour d’une table – et alors mes yeux se mettaient à piquer et à larmoyer!!).  Et pourtant je me sens de mieux en mieux.  On dirait que d’avoir un petit rhume m’a ramenée sur terre.  Boulot – manger – dodo.  J’ai recommencé à aller au cours de yoga du dimanche soir.  La prof nous enseigne aussi la méditation, ce qui est bien pour me détendre!  Je me force à manger davantage de viande : j’ai laissé tombé mon aspiration à devenir végétarienne parce que j’avais déjà commencé à faire de l’anémie.  J’ai besoin de toutes mes forces!

Toutes vos pensées m’ont soutenue cette semaine.   Et vous avez dû orienter les astres en ma faveur parce des gens bienveillants ont été placés sur mon chemin.  Entre autres, lundi matin, je me suis levée avec une peur bleue.  Je suis allée à la cuisine préparer mon déjeuner avant de me mettre au travail, mais j’étais si nerveuse que je me demandais comment j’allais arriver à me concentrer.  Un des monsieurs qui fait le ménage était à la cuisine.  Il est latino (il faut être latino ici pour faire le ménage, on dirait!) alors je suis toujours contente de parler en espagnol.  On a commencé à jaser et je ne sais pas pourquoi, mais je me suis confiée à lui.  Il comprenait exactement comment je me sentais.  En fait, il a souvent rencontré des étudiants comme moi, au petit matin, en panique en train de se faire bouillir de l’eau.  Il avait de si bons conseils, il m’a vraiment aidée.  Et puis aujourd’hui, j’ai jasé avec l’autre madame (latina encore!) qui fait le ménage.  Elle a fini par me donner 2 recettes de breuvages chauds pour le rhume et la voix (j’ai une grosse présentation lundi dans un cours de théorie de l’architecture et de la subjectivité (?!?) et je n’ai presque plus de voix).  Et lundi matin elle va m’apporter des radis pour faire une recette (je n’en trouve pas à l’épicerie ici).  Je pense que les employés de l’entretien ici sont des anges qui veillent sur nous.  Des anges latinos bien entendu.  

J’ai hâte de retrouver mes forces pour m’occuper un peu plus des autres aussi.   Je pense que ce qui m’aide le plus, c’est de ne plus prendre de recul, mais plutôt de vivre un jour à la fois.  La phrase de mon petit frère Michaël m’a fait réfléchir.  La montagne est immense.  Alors plutôt que de prendre du recul pour voir ce que j’avais à faire ici pendant 7 ans (ahhh!!!!!), j’ai décidé de me considérer comme un minuscule lutin qui vit dans une montagne.  La montagne est ma maison et le temps fera son oeuvre. 

PS J’ai remarqué que les écureuils avaient pris du poids depuis quelques semaines.

La Malva

2 Réponses vers “La montagne des lutins”


  1. 2 ersy 19 novembre 2007 à 9:39

    Quelle belle image que celle de la montagne! C’est vraiment parfait, et tellement tellement vrai. Je vais garder cette image en tête, la montagne non de Sisyphe, mais celle du lutin.
    Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas regardé ton blogue. J’avais les larmes aux yeux en voyant tous les messages d’amour que tes proches t’ont envoyés. J’ai senti toute cette énergie positive passer au travers de moi, et je me suis dit que c’est vraiment là que réside notre force. Prends en ce moment tout ce qui te nourrit : amis, famille, viande, yoga, méditation, prières. C’est vrai finalament que l’univers peut être si généreux.


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